Appareils électriques : quand le premier responsable de l’incendie, c’est vous

« Le premier responsable, c’est toi! » C’était le thème de la Semaine de la prévention des incendies 2026, qui vient de se tenir du 4 au 10 octobre partout au Québec. Et cette année, la campagne mettait l’accent sur un coupable discret, présent dans chaque pièce de nos maisons : l’usage de nos appareils électriques.

Les chiffres donnent le ton : près de la moitié des incendies résidentiels au Québec découlent d’une erreur humaine, et près d’une fois sur quatre, les appareils électriques ou l’équipement de distribution d’électricité sont en cause. Autrement dit, dans un cas sur quatre, le feu est parti d’une prise, d’un fil ou d’un appareil. La bonne nouvelle ? C’est aussi le type d’incendie le plus facile à prévenir — parce que le premier responsable, c’est nous, et que nous avons tous les gestes en main.

Pourquoi l’électricité déclenche des feux

Reprenons le triangle du feu, dont nous parlions dans notre précédent article : un incendie a besoin d’un combustible, d’oxygène et de chaleur. L’électricité fournit la chaleur. Quand un courant traverse un fil, celui-ci chauffe — c’est normal et sans danger, tant que l’installation est saine. Le problème commence quand la chaleur devient excessive : circuit surchargé, mauvais contact, fil endommagé ou appareil défectueux. Le fil ou la fiche chauffe alors au point d’enflammer ce qui l’entoure : un rideau, un tapis, un meuble, de la poussière accumulée. Le triangle se referme, et le feu prend.

Les comportements à risque les plus fréquents

Les multiprises surchargées — et en cascade. Une télévision, une console, un chargeur, une lampe et un radiateur d’appoint sur la même prise du salon : c’est le scénario classique. Chaque multiprise a une capacité maximale (en watts ou en ampères), et la dépasser fait chauffer l’ensemble. Pire encore : brancher une multiprise dans une autre multiprise. Si vous manquez de prises, la vraie solution est de faire ajouter des prises murales par un électricien.

Les rallonges utilisées comme installation permanente. Une rallonge, c’est une solution temporaire — pas un câble mural. Les abandonner branchées en permanence, les enchaîner entre elles, les faire passer sous un tapis ou dans une embrasure de porte : autant de façons de les faire surchauffer à l’abri des regards. Une rallonge doit toujours être entièrement déroulée pendant son usage, en bon état, et de calibre adapté à ce qu’elle alimente.

Les chargeurs et les appareils laissés branchés sans surveillance. Chargeurs de téléphone, tablettes, outils électriques, vélos et trottinettes électriques : nos maisons n’ont jamais compté autant de batteries en recharge. Un chargeur bon marché non certifié, un appareil chargé sur un lit ou un divan, une batterie gonflée qu’on continue d’utiliser : voilà des départs de feu qui se multiplient. (Nous avions d’ailleurs consacré un article entier aux risques des batteries au lithium-ion.)

Les appareils endommagés, modifiés ou non certifiés. Un fil dénudé, une fiche qui tient mal dans la prise, un appareil « réparé » maison, un gadget sans sceau de certification : au Québec, tout appareil électrique vendu devrait porter un sceau comme CSA ou ULC, qui atteste qu’il a été testé selon les normes canadiennes. Sans ce sceau, méfiance.

Le chauffage d’appoint sur rallonge. Avec l’automne qui s’installe, les petits radiateurs ressortent. Règle d’or : un appareil de chauffage se branche directement dans une prise murale — jamais sur une rallonge ni une multiprise — et ne reste jamais sans surveillance.

Les petits appareils chauffants oubliés branchés. Fer à repasser, fer à friser, grille-pain, bouilloire : débranchez-les après usage. C’est l’un des gestes les plus simples — et l’un des plus payants.

Une multiprise surchargée : trop d’appareils branchés, des câbles emmêlés — le scénario classique des incendies d’origine électrique

Recharger ses appareils en toute sécurité

Le thème fédéral de la Semaine de la prévention 2026 le disait avec humour : « recharger ses appareils en toute sécurité, c’est un superpouvoir ». Quelques habitudes suffisent : utilisez les chargeurs d’origine ou certifiés par le fabricant, rechargez sur une surface dure et dégagée (jamais sur un lit ou un divan), ne laissez pas un appareil en charge sans surveillance prolongée, et mettez au rebut toute batterie gonflée, fissurée ou qui chauffe anormalement — en la rapportant à un point de dépôt, pas à la poubelle.

Recharger en toute sécurité : chargeurs certifiés, surface dégagée, rien d’inflammable à proximité

Les bons réflexes, en résumé

La campagne québécoise 2026 les résume en gestes simples, que nous ne pouvons qu’appuyer :

  • N’utilisez que des appareils certifiés (sceau CSA ou ULC) et ne modifiez jamais un appareil ou un équipement électrique ;
  • Ne surchargez pas les prises : un seul gros appareil par prise, et respectez la capacité de vos multiprises ;
  • Réservez les rallonges à un usage temporaire, en bon état, entièrement déroulées, jamais sous un tapis ;
  • Débranchez les petits appareils — surtout ceux qui produisent de la chaleur — quand vous ne vous en servez pas ;
  • Éloignez les appareils électriques de l’eau et des matériaux combustibles ;
  • Si vos disjoncteurs sautent souvent, ne vous contentez pas de les réarmer : c’est le signe d’une surcharge ou d’un défaut — faites vérifier l’installation par un électricien ;
  • Gardez un avertisseur de fumée fonctionnel à chaque étage et dans chaque chambre, et exercez votre plan d’évacuation en famille.
Un panneau électrique propre, en ordre et bien identifié : le signe d’une installation saine

Ce que dit la réglementation

Au Québec, la sécurité électrique n’est pas qu’une question de bon sens : les appareils vendus doivent être certifiés, et les installations électriques relèvent du chapitre Électricité du Code de construction, sous la surveillance de la RBQ — les travaux doivent être confiés à des électriciens qualifiés. Et rappelons que, comme pour tout risque d’incendie, la Loi sur la sécurité incendie confie aux municipalités la prévention sur leur territoire, notamment par les visites de prévention des services de sécurité incendie.

Conclusion

Un incendie d’origine électrique n’est jamais une fatalité : c’est presque toujours la rencontre d’une installation ou d’un comportement à risque avec un combustible à proximité. Le thème de cette année le dit bien : le premier responsable, c’est vous — et c’est une bonne nouvelle, parce que cela signifie que la prévention est entre vos mains.

Chez Prévaction Services conseils, nous aidons les entreprises à repérer ces risques avant qu’ils ne se transforment en sinistre : analyse des risques, plans de prévention, sécurité incendie et plans d’évacuation. Parce que la meilleure gestion de crise est celle qui n’a jamais eu lieu.

Un doute sur la sécurité électrique de vos installations ? Parlons-en.

Sources